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Programme 2, du 22 novembre au 26 décembre 1995

Éditorial

Le partenariat est l'accent «tonique» de cette programmation. Nous accueillons, pour une soirée étape, «Les Ecrans de l'Histoire» dans le cadre de son festival «A la conquête du ciel», «la Cinémathèque» pour son «Cinémémoire 95» : «Le cinéma, une musique du siècle», le colloque du Lycée des Arènes : «Cinéma et dictature», l'association «Séquence» et sa manifestation annuelle consacrée aux films courts ; tandis que se poursuit notre collaboration avec le CLEMI à travers notre commune «Fenêtre sur docs». Plus spécialement signalons notre participation naturelle à la semaine d'intervention anti-fasciste co-organisée par la «Ligue des Droits de l'Homme», «Ras l'front» et la «Ligue Française de l'Enseignement et de l'Education Permanente».

Présenté dans ce cadre et dans celui de «Fenêtre sur docs», le film de Chabrol, «L'oeil de Vichy», montre bien dans quelles approximations et mensonges d'une pseudo-pensée de «café du commerce» se tissent les intolérances, s'échafaudent les pires abominations, se justifie l'ignominie. Le fascisme, comme l'a démontré Wilhem Reich, n'est pas une tumeur qu'il s'agirait de circonscrire et, tout simplement, d'extraire d'un tissu social par ailleurs sain ; c'est une psychologie de masse qui, même encore au présent, se nourrit des plus petits renoncements, des plus petites compromissions ... et Christian Didier, pour avoir assassiné le seul Bousquet, sera jugé avant Papon, quand ces deux-ci, avec d'autres, auraient à répondre de participation à l'assassinat de 75 000 Juifs, dont 11 000 enfants (Cf : M. Rajsfus, Libération 3/11/95). Un décompte planétaire précis (voir par exemple les Rapports d'Amnesty International) des méfaits de ce que l'on appelle parfois le fascisme ordinaire n'est pas même nécessaire pour se convaincre qu'aucune nation, culture, ni religion n'y est absolument étrangère. Le Pen est un homme terriblement ordinaire. En finir avec cet ordinaire c'est aussi en finir avec l'ordinaire des exclusions et des intégrismes de toutes sortes .... c'est construire la communauté humaine.

«Se diriger vers le cinéma social, ce serait simplement consentir à dire quelque chose ... Et le but sera atteint si l'on parvient à révéler la raison cachée d'un geste, à extraire d'une personne banale et de hasard sa beauté intérieure ou sa caricature .... Et cela avec une force telle que le monde qu'autrefois nous côtoyions avec indifférence s'offre à nous malgré lui au-delà de ses apparences. Ce documentaire social devra nous desiller les yeux». (Jean Vigo, lors de la première de son film «A propos de Nice», 28 mai 1930). Voilà bien, semble-t-il, une perspective qui charpente fortement, en cinéma comme en photographie, tout le travail de Raymond Depardon. Nous aurons le bonheur de l'accueillir, comme chez lui, dans cette salle dont il est le parrain fidèle, à l'occasion de la première diffusion à Toulouse, de «A propos de Nice, la suite», le 22 novembre. Tandis que nous aurons jusqu'au 14 janvier pour «rencontrer» une exposition de ses photographies d'Afrique inédites que présente la Galerie «Le Château d'Eau».

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