Accéder au contenu principal

Archives des programmes

Programme 4, du 24 janvier au 12 mars 1996

Éditorial

Ainsi donc, cette année 1996 (qu'elle vous soit heureuse !) inaugure le deuxième siècle de l'histoire du cinématographe. Ce «dispositif» qui tient tout à la fois, mais pas toujours, de l'expression artistique et de l'industrie du divertissement y aura, encore davantage, maille à partir avec toutes les technologies dites audiovisuelles (le cinéma est pourtant bien lui aussi un dispositif audiovisuel). Sans cesse en progrès, Woody Allen, par exemple, prévoit à terme leur victoire dans les écrans vidéo géants à domicile et les banques de données permettant une auto-programmation béate et «satisfaite».

Mais qu'est-ce à dire ? A-t-on vu que l'invention puis les développements de la photographie aient mis fin à la peinture ? A-t-on vu que la grande qualité de reproduction des livres d'art aient mis fin à l'envie et à la nécessité de se confronter à l'oeuvre originale dans son format, sa matière ...? Comparaison n'est pas raison certes, et un petit édito est un lieu qui ne doit pas être «suffisant» pour aller plus loin que cette évocation des réflexions et mutations qui, peut-être d'une certaine façon, seront aussi celles que nous saurons prévoir impulser et/ou corriger : le cinéma, pas plus que la pensée, ne doit être, ni ne sera «unique».Dans le numéro spécial d'Art Press, «Un second siècle pour le cinéma», Dominique Païni tient Michaël Haneke pour un des rares cinéastes qui intègre ce «mal» qui trouble le cinéma et «travaille» cette horreur froide et définitive de la machine-image. «Au petit Marguery» est une invitation à la convivialité qu'on perçoit autrement dans une salle ; comme aussi bien le cri d'une mémoire de la solidarité combattante, et de ses traîtres, dans «Terre et Liberté !». Pour Malik Chibane, «Douce France» est sa manière à lui «d'être citoyen, d'être militant, sans être didactique, ni manichéen».

Avec beaucoup d'intelligence et d'humour, le film de Friedman et Brunet nous montre que chacune de nos cellules est promise à «Une mort programmée». Ce ne nous semble donc pas le cas du cinéma à qui nous adressons, et ne serait-ce que pour ces quelques films, nos voeux les plus chers, non seulement pour cette année, mais aussi pour «ce» siècle.

Les films