Aujourd’hui, samedi 17 octobre à 10h00
Hair Paper Water
de Nicolas Graux, Minh Qy Truong · France, Belgique, Viêt Nam · 2025 · 1h11
Avec Thi Hau Cao, Cao Xuân Doanh, Cao Thị Hiệu, Cao Thị Bát
Dans une grotte, il y a plus de soixante ans, elle est née. Aujourd’hui, elle vit dans un village, entourée de ses enfants et petits-enfants. Parfois, dans ses rêves, sa mère défunte l’appelle – là-bas, dans la grotte.
Documentaire-poème sur la transmission, non de simples savoir-faire et de connaissances, mais d’une présence au monde qui permette d’étendre son âme, tourné avec des moyens très simples, et en 16mm, "Hair, Paper, Water..." filme en symbiose le petit et le grand. Ainsi que le suggère son titre, il préfère l’énumération et l’association de motifs à la narration linéaire. Il déplace ainsi l’exercice du portrait documentaire vers une logique de la sensation. (Les Fiches du Cinéma, Cahiers du cinéma)
Rencontre avec Vietnam Dioxine
Dimanche 18 octobre 2026 à 19h15
Le Collectif Vietnam Dioxine est une association française fondée en 2004 qui lutte pour la reconnaissance et les réparations des ravages causés par l'Agent Orange, un herbicide ultra-toxique contenant de la dioxine déversé par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam.
"Hair, Paper, Water... : un tressage sensoriel contre l'oubli
Au Cratère, nous avons découvert le cinéaste vietnamien Trương Minh Quý avec son film Việt and Nam, sorti à l'automne 2024, qui nous avait séduits grâce à sa puissance poétique révélant les forces contraires fracturant son pays. Il s'agissait d'une fiction sensorielle et métaphorique centrée autour de deux jeunes amants, l'un tourné vers la terre à la recherche du cadavre de son père tué pendant la guerre, l'autre tourné vers la mer où il cherchait à s'exiler.
C'est une grande joie que de voir déjà apparaître un nouveau film sur nos écrans : le documentaire Hair, Paper, Water... coréalisé avec le cinéaste belge Nicolas Graux. La construction élaborée du film précédent laisse place à une forme plus sensible. Tourné avec une caméra Bolex, la durée des prises de vues est donc limitée à 30 secondes, et le son a été travaillé après le tournage. Comme son titre l'indique, le film se construit par fragments, et nous approche au plus près de la matière des choses. Les images et les sons créent un poème sensoriel, dont la beauté peut rappeler le cinéma de Jonas Mekas.
Ce documentaire suit Cao Thi Hâu, une femme vietnamienne âgée, qui appartient à la minorité ethnique Ruc. Nous suivons sa trajectoire, de la ville où elle est partie retrouver sa petite-fille, à la campagne où elle vit et échange avec son petit-fils, jusqu'à la grotte où elle est née et qu'elle part retrouver. Les cinéastes nous emportent dans une balade sublimant la diversité et la couleur présentes dans le quotidien. Il s'agit également d'une histoire de transmission : le dialecte ruc, de tradition orale, est menacé de disparition, surtout face à un monde de plus en plus uniformisé. Des mots, inscrits à l'écran, accompagnent les images et les sons, faisant de la langue aussi bien un héritage à transmettre qu'une manière d'habiter et de voir le monde. La délicatesse de Hair, Paper, Water... tient à cette façon de nous partager cette vision, par une expérience sensible, poétique et vivante.
Nous nous réjouissons de pouvoir accueillir et partager une œuvre aussi sensorielle sur nos écrans, et nous espérons que vous aurez l'occasion de le découvrir !
Théo Miralles
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