Événement
Les Conversations de l’ESAV / ENSAV
Présentation
Par-derrière l’aimable comédie marseillaise,
je ressentis dans Marius une tragédie à l’antique
exprimant le mythe de mon destin...
Edgar Morin, Mes démons.
Au cinéma, le spectateur noue des relations complexes avec l’écran comme avec la salle, mais il est seul dans la confrontation dynamique avec le film. Alors, son corps change de poids, l’esprit vagabonde, le cœur bat la chamade, et un monde s’ouvre en lui. C’est l’aventure esthétique d’une nuit expérimentale où chacun dévoile autant qu’il se dévoile dans le frisson d’un étrange plaisir.
Combien s’en tiennent là qui n’extraient rien de ces singuliers moments, jusqu’à minorer leur goût, puis, sans plus aucune résistance, effacer leur part de vérité. C’est un abandon de la qualité plurielle du film, une croyance en la sainte ligne éditoriale de quelques gazettes éteintes, une atteinte à la démocratie. Certes, l’aveu d’aimer ou de ne pas aimer demeure difficile et l’exercice n’est pas commun de dire les raisons de son émotion et de son plaisir, mais il s’agit du savoir des spectateurs, de quelque chose de leur vie qui est passé là, tout autre chose que ce que les analyses de film en reflètent.
Par conséquent, chaque spectateur est un explorateur solitaire, mais libre, libre d’user de la liberté de dire, avec sa manière, la qualité de ses découvertes, autant de preuves en faveur d’un cinéma qui ne cesse de nous interroger.
Les conversations offrent l’occasion d’en faire l’expérience, mais, quel que soit le film dont nous parlons, il faut savoir s’installer pour accueillir le regard qui nous cherche, abandonner les avis autorisés, les certitudes aveuglantes et parler vrai, dans un ton familier. Alors, chaque spectateur parle de sa traversée filmique, la croise avec celles des autres en vue d’aller des textes personnels à la construction d’un texte pluriel, témoin de l’étendue des rapports que les hommes entretiennent avec le cinéma.
Guy Chapouillié
Festival Latino Docs Soirée projection/débat sur les féminicides organisée par les associations L’Ebranleuse et Mauvais Genre.
«Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps»
Mercredi 8 janvier à 21h : Les conversations de l'ESAV, en compagnie de Guy CHAPOUILLIE, directeur.
Mercredi 15 janvier : Les conversations de l'ESAV - en compagnie de Guy CHAPOUILLIE, directeur. Au cœur de l'échange : les représentations de la guerre au cinéma : 19h - War photographer - "documentaire" / 21h - Bloody Sunday - "fiction"
De quelques films et de leurs auteurs ... sur le passage ... le temps ...
Les films
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Infos et séances : 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu1987, Roumanie, quelques années avant la chute du communisme. Ottila et Gabita partagent une chambre dans la cité universitaire d'une petite ville. Gabita est enceinte et l'avortement est un crime. Les deux jeunes femmes font donc appel à un certain M. Bébé pour résoudre le problème. Mais elles n'étaient pas préparées à une telle épreuve...
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Infos et séances : A Dangerous Method, de David CronenbergSabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...
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Infos et séances : A Double life, de Catherine MasudA Double Life dévoile l'histoire vraie et captivante de Stephen Bingham, un avocat accusé d'avoir transmis une arme au leader des droits des prisonniers George Jackson en 1971. Contraint de mener une vie de fuite, Bingham passe 13 ans dans la clandestinité, échappant à la capture tout en étant farouchement déterminé à laver son nom.
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Infos et séances : A peine j'ouvre les yeux, de Leyla BouzidTunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière. Elle chante au sein d¹un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits... précédé du court métrage Les temps de la danse de Maud Mascre. 15’. 2015. Fiction
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Infos et séances : A Swedish Love Story, de Roy Andersson

En marge du monde des adultes prisonniers de leurs conventions et de leur mélancolie, Pär et Annica, avec l'ingénuité et la fraîcheur de leurs 15 ans, découvrent simplement l'envie et le bonheur d'aimer...
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Infos et séances : A Touch of Sin, de Zhang-ke JiaDahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence...
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Infos et séances : Angèle et Tony, d’Alix DelaporteUn port de pêche en Normandie. Angèle a de bonnes raisons de se construire une nouvelle vie lorsqu’elle débarque dans celle de Tony, marin pêcheur en quête de sentiments. Malgré le désir qu’il a pour elle, Tony garde ses distances. Angèle le cherche. Tony l’observe. Trop belle, trop déroutante, il ne peut croire qu’elle est là pour lui…
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Infos et séances : Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans, de Werner HerzogTerence McDonagh, inspecteur dans la police criminelle de la Nouvelle-Orléans doit faire face à une criminalité qui envahit toutes les vies, même la sienne...
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Infos et séances : Barbara, de Christian PetzoldEté 1980. Barbara est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l’Ouest, prépare son évasion...
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Infos et séances : Béliers, de Grímur HákonarsonDans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers...
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Infos et séances : Bloody Sunday, de Paul GreengrassDimanche 30 janvier 1972, Derry, Irlande du Nord. Yvan Cooper est l'organisateur d'une marche pacifique pour l'égalité des droits entre catholiques et protestants. La manifestation se transforme en émeute : treize personnes sont tuées par l'armée. Cette journée, inscrite dans l'histoire sous le nom « Bloody Sunday », marque le début de la guerre civile.
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Infos et séances : C'est ici que je vis, de Marc RechaArnau a 17 ans. Sa mère est en prison, il ne comprend pas bien pourquoi et ne rêve que de l'en faire sortir. Mais pour cela il faudrait un bon avocat, donc de l'argent et ça, Arnau n'en a pas. Arnau a une passion, les concours d'oiseaux chanteurs. Quand son oiseau favori devient le champion de Catalogne et que son oncle lui apprend qu'on peut gagner de l'argent aux courses de lévriers, Arnau va alors rêver à un avenir meilleur...
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Infos et séances : Canine, d’Yorgos LanthimosLe père, la mère et leurs trois enfants vivent dans les faubourgs d'une ville. Leur maison est bordée d'une haute clôture. Les enfants n'ont jamais franchi la clôture. Leur éducation, leurs loisirs, leurs amusements, leur ennui, leur entraînement physique se conforment au modèle imposé par les parents, en l'absence de toute empreinte du monde extérieur...
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Infos et séances : Captain Fantastic, de Matt RossDans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris...
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Infos et séances : Ceci n'est pas un film, de Jafar Panahi, Mojtaba MirtahmasbDepuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d'appel. A travers la représentation d'une journée dans la vie de Jafar Panahi, Jafar et un autre cinéaste iranien, Mojtaba Mirtahmasb, nous proposent un aperçu de la situation actuelle du cinéma iranien...
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Infos et séances : Ces rencontres avec eux, de Danièle Huillet, Jean-Marie StraubLes cinq derniers Dialogues avec Leucò de Cesare Pavese...
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Infos et séances : Code inconnu, de Michael HanekeParis. Quelqu'un jette un papier dans les mains d'une mendiante... C'est ce qui relie les trajectoires de personnages, dont nous suivons les parcours : Anne, comédienne, Georges, photographe de guerre, Amadou, éducateur musical, Maria, mendiante... Qu'ont en commun ces personnages ?...
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Infos et séances : Coeurs, d’Alain ResnaisLes vies de six personnages mal dans leur peau s'entrecroisent. Il y a Thierry, un agent immobilier, sa collaboratrice Charlotte, sa soeur Gaëlle qui recherche secrètement l'amour, ses clients Nicole et Dan, militaire de carrière expulsé de l'armée, qui passe ses journées dans le bar d'un hôtel où il confie ses mésaventures à Lionel, le barman. Ou comment le mouvement d'un personnage peut bouleverser le destin d'un autre, sans pour autant le connaître voire même le rencontrer...
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Infos et séances : Cold War, de Pawel PawlikowskiPendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible...
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Infos et séances : Dans ma peau, de Marina de VanLa vie d'Esther s'engage plutôt bien. Elle doit bientôt s'installer avec son petit ami, Vincent, et elle travaille d'arrache-pied pour décrocher un poste dans l'institut de sondage où elle effectue déjà des missions temporaires avec succès. Tout s'annoncerait au mieux si Esther ne se découvrait pas, fortuitement, une curiosité lancinante pour son propre corps.
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Infos et séances : Delta, de Kornel MundruczoUn jeune homme revient chez lui, dans un village isolé au bord du Danube. Il rencontre pour la première fois sa jeune soeur avec qui il s'installe à l'écart de tous. Mais les gens du pays n'acceptent pas leur relation "contre-nature"...
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Infos et séances : Des filles en noir, de Jean-Paul CiveyracNoémie et Priscilla, deux adolescentes, nourrissent la même violence, la même révolte contre le monde. Elles inquiètent fortement leurs proches qui les sentent capables de tout...
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Infos et séances : Dieu sait quoi, de Jean-Daniel PolletDans un paysage de Provence, Jean-Daniel Pollet filme des objets du quotidien, à la manière dont Francis Ponge les évoquait dans ses textes. Un essai poétique sur le « monde muet » des choses.
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Infos et séances : Dioses, de Josué MendezDiego et Andrea vivent en dehors du monde, loin de la réalité de leur pays, dans un univers où les repères sont tronqués. Dans la luxueuse villa familiale bordée par l'océan, les deux adolescents se retrouvent surtout déconnectés d'eux-mêmes. Leur père ramène sa nouvelle amie à la maison. Elle a vingt ans de moins que lui, vient des quartiers pauvres et va devoir apprendre les règles que son nouveau statut implique...
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Infos et séances : El estudiante, de Santiago MitreRoque, jeune provincial, commence des études à l’Université de Buenos Aires. Peu motivé, il passe son temps à séduire les filles et errer dans la fac. C’est en tombant amoureux de Paula, une jeune enseignante engagée, qu’il va rencontrer le militantisme et devenir proche du syndicat étudiant. Avec Alberto, ancien politique, il va apprendre les codes et devenir un leader pour enfin trouver sa voie...
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Infos et séances : Elena, de d'Andrei ZviaguintsevElena et Vladimir forment un couple d’un certain âge. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Vladimir est un homme riche et froid, Elena une femme modeste et docile. Ils se sont rencontrés tard dans la vie et chacun a un enfant d’un précédent mariage. Le fils d’Elena, au chômage, ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa propre famille et demande sans cesse de l’argent à sa mère. La fille de Vladimir est une jeune femme négligente, un peu bohème, qui maintient son père à distance. Suite à un malaise cardiaque, Vladimir est hospitalisé. A la clinique, il réalise qu’il pourrait mourir prochainement. Un moment bref mais tendre partagé avec sa fille le conduit à une décision importante...
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Infos et séances : Elephant, de Gus Van SantEn ce jour d'automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve...
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Infos et séances : En chair et en os, de Pedro AlmodovarVictor Plaza est jeune, et la vie n'a pas encore brisé sa confiance quand il rencontre Elena avec laquelle il va vivre sa première expérience sexuelle. Mais lorsqu'il se présente chez elle quelques jours après leur brève rencontre, ce n'est pas lui qu'Elena attend mais son dealer.
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Infos et séances : Everyone else, de Maren AdePendant leurs vacances en Sardaigne, Chris et Gitty rencontrent un autre couple qui va remettre en cause leurs certitudes...
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Infos et séances : Festen, de Thomas Vinterberg«C'est l'été - et la vie est facile». Dans un manoir, à la campagne, on prépare un festin annuel. Tout est mis en œuvre pour fêter les 60 ans du chef de famille, Helge Klingenfeldt, propriétaire du manoir et patriarche. Toute la famille a été invitée.
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Infos et séances : Flandres, de Bruno DumontDe nos jours, dans les Flandres, Demester et de jeunes gars du pays partent soldats dans un conflit lointain. Amoureux de la jeune Barbe, Demester supportait ses moeurs étranges et ses amants. Attendant les soldats, seule en Flandres, Barbe dépérit. Face à ce conflit, Demester se transforme en guerrier. Tragiquement, la guerre exacerbera les sentiments de ces deux êtres, les menant aux extrémités de leur condition...
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Infos et séances : Fragments sur la misère, de Christophe OtzenbergerChristophe Otzenberger a passé une année à courir les rues et hanter les cafés avec une question : Et vous ? Comment vivez-vous avec la misère ? Toutes les misères du monde. Celle violente, visible, de tous ceux qui sont rejetés à la rue. Celle plus discrète, de ceux qui travaillent pour survivre. La nôtre aussi, qui s'appelle indifférence. La misère s'est insinuée en chacun de nous.
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Infos et séances : Généalogies d'un crime, de Raoul RuizA Vienne quelque temps avant la guerre, Hermine Helmut von Hug, psychanalyste pour enfants, est persuadée que son neveu âge de cinq ans a des tendances homicides. Elle décide donc d'étudier l'évolution inexorable des penchants criminels de son neveu. Celui-ci commet finalement le crime tant attendu: il tue sa tante.
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Infos et séances : Girlfriend Experience, de Steven SoderberghChelsea est call-girl de luxe à Manhattan. A ses clients, elle offre bien plus que de banales relations sexuelles : elle leur propose d’être pour eux la compagne d’un soir. C’est la « Girlfriend Experience »… Chelsea est convaincue de maîtriser sa vie. Son business marche bien, elle gagne 2000 dollars de l’heure et son petit ami accepte même sa manière de vivre. Mais quand on multiplie les rencontres, on ne sait jamais sur qui l’on va tomber…
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Infos et séances : Grigris, de Mahamat Saleh HarounAlors que sa jambe paralysée devrait l'exclure de tout, Grigris, 25 ans, se rêve en danseur. Un défi. Mais son rêve se brise lorsque son oncle tombe gravement malade. Pour le sauver, il décide de travailler pour des trafiquants d'essence...
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Infos et séances : Ha Ha Ha, de Hong SangsooJo Munk-Yung, réalisateur, prévoit de quitter Séoul pour vivre au Canada. Quelques jours avant son départ, il revoit, autour d'un verre, son grand ami Bang Jung-Shik, critique de films Lors de ce rendez-vous arrosé, les deux amis découvrent par hasard qu'ils se sont rendus récemment dans la même petite ville en bord de mer, Ton-Yung. Ils décident de se raconter leur voyage réciproque à condition de n'en révéler que les moments agréables....
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Infos et séances : Hadewijch, de Bruno DumontChoquée par la foi extatique et aveugle d’Hadewijch, une novice, la mère supérieure la met à la porte du couvent. Hadewijch redevient Céline, parisienne et fille de diplomate. Sa passion amoureuse pour Dieu, sa rage et sa rencontre avec Khaled et Nassir l’entraînent sur des chemins dangereux...
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Infos et séances : Happy Few, d’Antony CordierRachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu’elle rencontre Vincent à l’atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d’organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu’ils tombent presque aussitôt amoureux...
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Infos et séances : HH, Hitler à Hollywood, de Frédéric SojcherLorsque Marie de Medeiros entreprend le tournage de son documentaire consacré à l'actrice Micheline Presle, elle retrouve la trace d'un cinéaste mystérieusement disparu en 1946, Luis Aramcheck. En mettant à jour un complot fomenté par Hollywood pour tuer dans l'oeuf la production cinématographique européenne d'après guerre, elle n'imagine pas que cette quête mettra sa vie en danger...
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Infos et séances : Historias, de Julia MuratComme chaque matin, Madalena pétrit et cuit le pain pour la boutique d’Antonio. Comme chaque jour, elle traverse la voie de chemin de fer désertée par les trains depuis de longues années, nettoie la porte du cimetière, va écouter le sermon du prêtre puis prend le déjeuner avec les autres habitants de Jotuomba. Se raccrochant à la mémoire de son mari défunt, Madalena est rappelée à la vie lorsque Rita, une jeune photographe, débarque dans cette ville fantôme..
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Infos et séances : Honor de cavalleria, d’Albert SerraGuidés par le hasard, Don Quichotte et Sancho poursuivent leur voyage à la recherche d'aventures. Ils chevauchent à travers champs, conversant sur des sujets aussi divers que la spiritualité, la Chevalerie, ou simplement la vie quotidienne. Un lien d'amitié de plus en plus fort les unit...
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Infos et séances : Ida, de Pawel PawlikowskiDans la Pologne des années 60, avant de prononcer ses voeux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, part à la rencontre de sa tante, seul membre de sa famille encore en vie. Elle découvre alors un sombre secret de famille datant de l'occupation nazie.
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Infos et séances : Il était une fois en Anatolie, de Nuri Bilge CeylanAu coeur des steppes d’Anatolie, un meurtrier tente de guider une équipe de policiers vers l’endroit où il a enterré le corps de sa victime. Au cours de ce périple, une série d’indices sur ce qui s’est vraiment passé fait progressivement surface....
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Infos et séances : Il faut dormir, d’Yves Caumon
Le jour, Laure s'occupe de sa fille ; la nuit, elle travaille. Elle n'a plus le temps de dormir.
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Infos et séances : Ils mourront tous sauf moi !, de Valéria Gaï GuermanikaA quoi rêvent les jeunes filles ? Vika, Katia et Janna, 16 ans, lycéennes de la banlieue de Moscou, attendent tout de leur soirée de fi n d'année. De quoi parlent les jeunes fi lles russes et que font-elles quand elles rêvent de leur première sortie ? Dans l'enthousiasme des préparatifs, les désirs surgissent, les garçons convoitent et les jalousies apparaissent... Cette première nuit de découverte et ces premiers pas dans l'univers inconnu des plaisirs adolescents sera le déclencheur du passage à l'âge adulte...
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Infos et séances : Import export, d’Ulrich SeidlOlga, jeune infirmière ukrainienne, part à la recherche du bonheur à l'Ouest où elle devient femme de ménage en Autriche. Paul é tait agent de sécurité à Vienne. Au chômage, il prend la route avec son beau-père vers l'Est, en direction de l'Ukraine. Deux destins de jeunes gens à la recherche d'une nouvelle chance, qui se voient confrontésà la réalité crue. Deux histoires sur la quête du bonheur et de l'argent et sur le côté effrayant de la sexualité, de la mort...
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Infos et séances : In girum imus nocte et consumimur igni, de Guy DebordLe cinéma de Guy Debord, associant images detournées et commentaires off, prolonge le refus critique du spectacle developpé par l'auteur dans ses livres et dans son activité au sein de l'Internationale situationniste.
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Infos et séances : Inland Empire, de David LynchNous voici plongés dans une histoire de mystère, l'énigme d'un monde au coeur des mondes, le secret d'une femme en proie à l'amour et aux tourments...
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Infos et séances : Irradiés, de Rithy PanhLa vie d’un survivant est quelque chose d’indicible. Mais il faut vivre et aborder cette irradiation dont on ne trouvera peut-être jamais la cause ni les propriétés, et dont on ne pourra peut-être pas se protéger. Mais pour le bien de l’humanité, il est nécessaire de faire l’expérience de toutes les formes de mal et de les comprendre – des tranchées aux atolls, des camps au silence. Le mal irradie. Il blesse – jusqu’aux générations suivantes. Mais au-delà, il y a l’innocence.
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Infos et séances : Kaili Blues, de Gan BiChen est médecin dans une petite clinique de Kaili, ville brumeuse et humide de la province subtropicale du Guizhou. Il a perdu sa femme lorsqu'il était en prison pour avoir servi dans les triades. Aujourd'hui, il s'occupe de Weiwei, son neveu, qu'il aimerait adopter. Lorsqu’il apprend que son frère a vendu Weiwei, Chen décide de partir à sa recherche. Sur la route, il traverse un village étrange nommé Dangmai, où le temps n’est plus linéaire...
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Infos et séances : Killer Joe, de William FriedkinChris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ? Killer Joe est appelé à la rescousse.
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Infos et séances : L'état du monde, d’Apichatpong Weerasethakul, Vicente Ferraz, Ayisha Abraham, Wang Bing, Pedro Costa, Chantal AkermanSix réalisateurs, six regards sur l'état du monde, à travers 6 courts-métrages réalisés à l'occasion du Forum Culturel "L'Etat du Monde" au Portugal. Leur rencontre crée un prisme de réflexion dynamique, radical, un espace pour interroger le présent et l'avenir. Luminous People de Apichatpong Weerasethakul : un groupe de personnes descend le Mékong en bateau, pour préparer une cérémonie de funérailles... Germano de Vicente Ferraz : après avoir navigué dans la baie de Guanabara, Germano et son équipe s'en vont pêcher en haute mer... One Way de Ayisha Abraham : dans un immeuble, la vie quotidienne d'un garde de sécurité est ponctuée par le récit de son voyage du Népal à l'Inde. Brutality Factory de Wang Bing : en Chine, un immeuble est détruit. La nuit tombe et les fantômes racontent leur histoire... Tarrafal de Pedro Costa : Tarrafal, sur l'île de Santiago (Cap-Vert), où en 1936, le Portugal a créé une colonie pénale pour les prisonniers politiques... Tombée de nuit sur Shanghaï de Chantal Akerman : Mona Lisa cotoye un dessin animé et le Chopin de la musique américaine des années 1970-80, dans un plaisir ambigu...
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Infos et séances : L'Homme de Londres, de Béla TarrMaloin mène une vie simple et sans but, aux confins de la mer infinie : c’est à peine s’il remarque le monde qui l’entoure. Il a déjà accepté la longue et inévitable détérioration de sa vie, et son immense solitude. Lorsqu’il devient témoin d’un meurtre, sa vie bascule et le voilà confronté au pêché, à la morale, au châtiment, écartelé à la frontière de l’innocence et de la complicité. Et cet état de scepticisme l’entraîne sur le chemin de la réflexion, sur la signification de la vie et du sens de l’existence....
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Infos et séances : L'homme sans passé, d’Aki KaurismäkiUn homme sans nom arrive en ville et se fait tabasser à mort à la première occasion. C'est le début de ce grand drame épique où des cœurs solitaires errent sous la voûte céleste. Dans ce film, Kaurismäki tente de donner un rôle important à la solidarité entre les gens.
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Infos et séances : L'orchestre souterrain, de Heddy Honigmann
L'orchestre souterrain nous parle de la liberté, de la vie et des abus dont les hommes sont victimes. La majorité des personnes filmées sont des réfugiés politiques ou des immigrés clandestins qui ont subi des tortures physiques et morales. Ils survivent grâce à leur amour de la musique et expriment ainsi une soif de liberté.
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Infos et séances : L’Europe est à bout, de Conversation du Mardi 22 janvier 2013 : Tabou de Miguel Gomes
Je l’avoue, j’ai adoré ce film comme s’il s’agissait d’un livre magique : c’est la première fois que je vois un film comme ça. Il m’a sidéré, car au fur et à mesure de la projection, il ne s’épuise pas, au contraire il résiste et me pose de nouvelles questions qui remuent en moi des histoires entendues de la bouche de mes parents et de celles d’amis et de bien d’autres personnes sur l’Afrique. Ce film m’a parlé et j’ai tenté de le comprendre. D’emblée, je me trouve embarqué dans une image d’Epinal d’explorateur ou de colonisateur, ça dépend du regard et de l’époque, où un blanc est porté par des noirs et suivi d’une longue file de porteurs, le tout marqué par une pointe d’ironie qu’une voix, venue du plus profond de l’Histoire, confirme sans détour. Ça prend le chemin d’un renversement radical des codes, avec une étrange et récurrente référence au film Les neiges du Kilimandjaro. L’ignorance du blanc, plutôt fuyard que découvreur, lui sera fatale ; il sera mangé par un crocodile. Alors, les africains font la fête ou, selon le regard ou l’époque, entrent dans une danse rituelle de deuil qui peut tout aussi bien célébrer les forces salutaires de la nature. En réalité, je suis bien dans une moquerie grinçante de la vanité de l’homme du nord. Ainsi, le ton est donné d’un film où la colonisation sera le centre de gravité sur lequel pivotera le destin de trois femmes. En outre, le choix du noir et blanc ainsi que le format carré du cadre nous rappellent le cinéma des commencements où le corps était moins contraint, pas encore tassé par l’image aplatît des grands espaces américains. C’est le cinéma envisagé comme recueil de mémoire ou activateur de mémoire, avec le titre Tabou qui renvoie directement au film de Flaherty et de Murnau où un jeune pêcheur de perles, Matahi, et une merveilleuse jeune fille, Reri, sont amoureux. Mais Reri qui est choisie comme prêtresse sacrée doit rester vierge et le sorcier la déclare tabou. Une référence qui insiste car les deux films se découpent en deux parties, Le paradis et le Paradis perdu pour Murnau ; la fin d’une puissance coloniale et le Paradis infernal des colons Portugais en Afrique pour Miguel Gomes. C’est tout simplement l’opposition entre le bout de la vie de trois femmes (crépuscule) une sorte de sainte trinité et celui d’une infraction sexuelle (Tabou) dans le paradis infernal de la colonisation où Aurora, femme désirante, tranche dans les conventions ordinaires de la fidélité. Cependant, pour elle, l’aurore ne fut qu’un cruel crépuscule né sur l’écueil du Tabou. Toute la première partie est consacrée à la décomposition de la société portugaise vue à travers le prisme d’une singulière trinité. Il y a Aurora, cette femme désirante qui vit dans la frustration de sa jeunesse, d’un égocentrisme majeur, dernier vestige de la colonisation, accompagnée ou plutôt surveillée par Santa (la bien nommée), une esclave noire (émancipée en apparence, mais toujours aux ordres d’une femme du Nord, la fille d’Aurora), et enfin Pilar (qui signifie pilier en Basque) véritable parangon de la sexualité refoulée, authentique pilier des conventions ordinaires, engluée dans la religion catholique, avec le programme d’un désir affleurant, sans cesse différé. Pilar est dans une salle de cinéma, comme dans une matrice de renaissance, où elle pleure comme une femme libérée de toute entrave sociale, oui elle pleure et le pilier devient chair. Mais dehors, dans la rue devant le cinéma, lorsque son ami le peintre lui déclare son amour, une scène émouvante qui m’arrache les pleurs, mais me fait grincer des dents, l’air de la vie réelle la remet dans le chemin du doute et du repli. Elle rejette le message d’un homme ordinaire qui barbouille des tableaux abstraits. Et, celui qu’il lui présente comme une offrande sans égale, Pilar le remplacera par une représentation plus rassurante et reconnue de village classique, comme une enseigne de l’ordre éternel du monde. Pilar laisse le peintre dans la rue et disparaît dans la nuit, engloutie par le monde endormi qu’elle n’a nullement envie de réveiller. Pilar est une figure mélancolique, souvent le corps penché, le regard absent ou plongé dans le cimetière de ses refus ; elle pleure en entendant la chanson du film qui lui rappelle sa jeunesse et comble le manque, compense la pauvreté des expériences et anime une vie jusque là demeurée amorphe et irrespirable. Elle attend bien une jeune polonaise qui pourrait lui changer le quotidien, mais la jeune fille trouve un stratagème pour lui échapper et mener sa vie dans la ville fantôme de Lisbonne ; c’est la nouvelle Europe des échanges fugitifs, sans âme, qui ne lui laisse aucune chance. Et puis, les images s’étirent et ralentissent comme dans un mouvement de gel pictural sans que jamais les rues ne s’agitent. La ville est pratiquement déserte, le Portugal semble éteint, c’est le constat d’une absence de projet de vie, d’utopie ; c’est la fin d’un monde, la fin d’illusions ; ça n’est pas le port du bonheur où tendaient les trois femmes, mais bien celui des regrets, des échecs ou bien celui d’où s’élancent les récits tragiques d’une vie de femme et de son monde en décomposition. Le paradis éteint est à l’image du jardin exotique d’un hôtel, ou ce qu’il en reste, dont un panneau porte les traces d’un abandon ou d’une défaite : Réservé aux clients de l’Hôtel, avec quelques lettres effacées. Le langage est en péril, il y a peu de paroles au rythme de plans fixes qui s’étirent en résonance avec les souvenirs muets. C’est le triomphe de la lenteur où s’abîme un monde dans l’indifférence générale aux sons d’une mémoire de jeunesse perdue. C’est bien le vertige d’une force centripète qui réduit le monde à trois, Pilar, la brune portugaise de l’ombre, se consume sans avoir consommé, sinon sa tarte aux carottes, Santa, femme de compagnie demeure une esclave noire toujours soumise aux ordres du Nord et Aurora la capricieuse qui existe engluée dans le trauma d’un désir frustré, victime du tabou. C’est le dépérissement d’Aurora qui précipite l’avènement de la deuxième partie, ou nous découvrons son aventure amoureuse, tragique, puisque son jeune amant sera tué. Son masque capricieux ne cachait pas la décomposition du vivant, mais plutôt sa lutte pour vivre, rien que vivre sa passion, rien que vivre sa chair. C’est comme une comédie musicale au rythme des Ramones, une comédie sentimentale qui finit mal pour l’homme qu’elle aime et que la folie du mari abattra. Avec le sel d’une ironie grinçante, cette tragi-comédie se déroule sous le regard des africains spectateurs du paradis infernal des blancs. L’alternance des scènes entre les africains au travail et les colons repus, au repos, éclaire sans détour le schéma d’un rapport de production, d’une accumulation primitive du capital. Dans cette période coloniale, seule Aurora aura vécu une tentative d’arrachement dont le récit précis comporte des accents irréductibles du vécu qui fondent le centre de gravité du film et captent l’attention inquiète des deux autres femmes. Un récit qui rend compte du passé colonial peu glorieux du Portugal, jugé ici avec un rare cynisme. C’est aussi une déclaration d’amour au cinéma, de son rôle, de ses possibilités à l’infini d’ouvrir les âmes et les cœurs comme ces images de la caméra muette, un peu floues, avec des rayures où semble gravée l’authentique jouissance du moment que procurent la dureté de la roche et la fraîcheur de la cascade. Fébrilité familiale des cadres qui traduit le partage intime d’un moment d’émotion. C’est la fête de l’image audiovisuelle où l’image-image enfle et désenfle suivant les variations sonores. Chaque moindre épaisseur est parfois un silence éloquent à l’origine d’une tension qui dilate le temps et qui favorise une écoute plus fertile ; c’est un cinéma d’auscultation profonde où le vent et les insectes ont autant leur place que les nuages du ciel où se dessine les contours d’une paranoïa critique qui nous invite à regarder autrement et ne pas se contenter de la surface des choses, fut-elle brillante, surtout lorsqu’elle l’est. Ici, rien n’est tabou, surtout pas l’infini des formes autonomes calibrées en fonction du rapport à l’Histoire, surtout pas l’infini des réserves à l’égard des formes dominantes ; c’est un film qui dit clairement que la connaissance est le seul horizon du cinéma et que pour en faire il ne faut pas en sortir. C’est un intervalle de clarté où la décolonisation n’est pas pour autant l’émancipation des femmes. Guy Chapouillié
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Infos et séances : L’éveil du désir, de Conversation du Mercredi 22 septembre 2010 : Tamara Drewe
Ça commence dans le calme plat d’un monde qui rayonne d’une couleur de série anglaise, très British, des images en matière plastique, une apparence de zéro défaut, d’un pays sans histoire, lorsque deux voitures font irruption et troublent l’ordre éternel de ces champs. Alors deux adolescentes, cachées derrière une murette, jettent des œufs pour accueillir les intrus et leur signaler que le pays est habité et s’agite encore. Des œufs qui s’écrasent sur le pare-brise, c’est une fertilité latente en échec, mais c’est encore plus le geste d’une ultime manifestation de vie, un sursaut de protestation de jeunes qui ne veulent pas vivre morts et sont prêts à forcer le destin. Alors, bienvenue sur terre, sur une terre qui palpite encore, mais où l’ennui, l’exode, l’absence des pères, dessinent le spectre d’une fin de vie. C’est un peu le mode actuel de la campagne anglaise qui vit du travail partiel, de l’élevage extensif, du tourisme rural avec, ici, une résidence d’écrivains qui bourdonne de poncifs, de mensonges, d’hypocrisie, et où chacun semble murmurer une comptine désuète, do-ré-mi-fa-sol-la-si-do, grattez-moi la puce que j’ai dans le dos. C’est au beau milieu de cet arrière pays que débarque Tamara Drewe, en sautant par-dessus la barrière qui délimite l’enclos des littérateurs. C’est l’irruption d’une tornade brune, au corps élancé, dont la chair généreuse déborde d’un petit bustier rouge et d’un short en jean très court, collé aux fesses ; elle surgit là comme une divinité tombée du ciel qui se souvient et qui semble dire «écoutez-moi vous tous, je suis descendue vivre une vie, chercher un homme, reprendre une histoire, pour que cet arpent de terre oublié soit sauvé de son ankylose chronique, mortelle ». C’est un film voisin de celui de Pasolini Théorème, mais où celui par qui le scandale arrive est remplacé par celle par qui le désir s’éveille. C’est un changement de peau ; c’est un nouveau conte de Perrault. En effet, parmi ce monde figé dans les conventions ordinaires de la loi, une princesse, non un prince, va distribuer les baisers et son corps pour briser les glaces. Loin d’une fantasia chez les bobos et au-delà des habits d’un roman de gare, tous les genres se mélangent et fleurissent en un réalisme intégral où, sur le passage de cette nouvelle Alice, tout le monde rit, pleure, grince des dents, ment ; même les vaches rient avant de se transformer en une horde sauvage aux effets tragiques. Les affrontements littéraires sans ressort qui butent sur les rapports entre la fiction, le mensonge et la vérité, explosent sous les éclairs fulgurants du corps de Tamara, lieu du désir, mais un corps qui parle et s’interroge, interroge les autres dans un questionnement sans entraves qui n’épargne personne, sauf peut-être la propriétaire terrienne qui n’hésitera pas à tuer au fusil le chien de la ville pour protéger son troupeau et ses terres. C’est un feu d’artifice de fantasmes où, par les yeux des fantasmeurs, Tamara devient le ferment du désir des autres qui, au risque de la loi et de l’interdit, vivent la possibilité de construire à leur tour, dans la réalité du monde, leur propre désir. De sorte qu’entre la clarté de l’expression du désir et l’opacité d’un monde qui ne s’offre pas sans combattre, les femmes et les hommes du film sont comme des adolescents enfin réveillés qui déploient leur activité créatrice, mais aussi destructrice car, parfois, devant la dimension plus ou moins grande de la faille, de la béance ou du manque, l’essai de rompre ses chaînes ne fait qu’accentuer la dépendance dans laquelle ils se trouvent, ados ou pas. En vérité, Tamara est un sujet désirant qui se souvient de ses amours sur terre, dans cet arrière pays, et elle est revenue pour elle-même, pour tenter de reprendre l’inachevé dans un village où toutes les personnes sont rongées par des frustrations et des histoires interrompues. Elle fait revenir à la surface le village englouti de son adolescence. Pour changer son monde, elle a changé de nez, elle restaure le cottage de famille qui va éclairer autrement et aimanter non seulement le village, mais aussi la ville et sa dérive marketing. Elle ranime le passé, secoue le sac à souvenir, prend le risque de tout prendre sur le dos, car nul ne trouble, sans risque, l’ordre bourgeois. Pour mieux nettoyer les yeux, décrasser les oreilles et réveiller la libido du coin, elle ne négocie pas sa liberté, elle provoque jusqu’à faire l’amour aux yeux de tous, des adolescentes surtout, avec un agité du show-bizz, sorte de diablotin dans une clinquante voiture jaune, le batteur d’un groupe de rock adulé par les adolescentes, précisément. Sexe fort, sexe faible, c’est un renversement renversant où tout le monde se met à parler autrement et s’agite pour libérer ce que la loi muselait. Il y a celui qui vit dans le mensonge et qui veut vivre dans la vérité ; il y a là celui qui se bat pour la vérité et qui veut vivre dans le vertige libidinal du mensonge ; il piétine le principe de fidélité pour construire son désir de faire l’amour avec la fermière qui l’accueille en résidence. La légèreté du film n’est qu’une mascarade brisée par un questionnement qui fait surgir, par la faille qu’il ouvre, la complexe vérité de l’homme. C’est bien dans l’écart de la différence entre la représentation qu’ils ont d’eux-mêmes (les écrivains et tous les autres personnages) et ce qu’ils sont vraiment ou bien ce qu’ils cherchent (le père pour les adolescentes, la peur des vaches et de la nature pour d’autres), que surgissent les problèmes concrets. C’est le dévoilement filmé de la condition de l’homme qui est souvent autre que ce qu’il dit être. A la fin, entre humour noir et burlesque, le chien de la ville met les vaches en folie qui piétinent et tuent l’homme menteur qui voulait vivre en vérité. Alors, point de happy end où tout le monde réalise son rêve, mais, au bout d’un songe endiablé, les choses ont changé et les personnages ont grandi. Les masques sont tombés et le nez de Tamara fracturé ne retire rien à sa beauté qui n’est pas de surface mais de passion et de profondeur ; d’envie de vivre rien que de vivre. Guy Chapouillié
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Infos et séances : La beauté du monde, d’Yves CaumonSuzanne s'isole à la campagne. Mais elle supporte difficilement la solitude.
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Infos et séances : La femme défendue, de Philippe HarelFrançois a 39 ans, Muriel 29... Il est marié, père d'un enfant, vit confortablement. Elle est célibataire et le rencontre par hasard... Il la désire. Elle résiste, capitule, s'enchaîne... Ça porte un nom : l'adultère, avec son cortège de larmes retenues, de conflits ouverts, de plaisirs volés, de jalousies larvées.
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Infos et séances : La Fille du puisatier, de Marcel PagnolEn 1939, Patricia, la fille du puisatier Pascal Amoretti, se retrouve enceinte de Jacques Mazel, un jeune aviateur, fils de bonne famille. Or, celui-ci est mobilisé et ses parents refusent de reconnaître l'enfant. Amoretti chasse sa fille de la maison. Peu après, Jacques Mazel est porté disparu, son avion s'étant écrasé en flammes derrière les lignes allemandes. Puis survient l'armistice et les Mazel tentent maladroitement de renouer avec Amoretti dans l'espoir de retrouver un peu de leur fils dans l'enfant qu'ils ont si bassement repoussé.
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Infos et séances : La forêt de Mogari, de Naomi KawaseShigeki vit dans une petite maison de retraite sous le regard bienveillant d'une aide-soignante, Machiko. Sans le savoir, tous deux partagent un lourd secret : la perte d'un être cher. A la suite d'un accident de voiture, Shigeki et Machiko se retrouvent seuls et désemparés. Lorsque le vieil homme s'enfonce dans la forêt voisine, Machiko n'a d'autre choix que de le suivre. C'est là, au coeur de cette nature protectrice, qu'ils vont à nouveau se sentir vivants...
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Infos et séances : La forme de l’eau - The Shape of Water, de Guillermo del ToroModeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres...
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Infos et séances : La Frontière de l'aube, de Philippe GarrelUne star vit seule chez elle, son mari est à Hollywood et la délaisse. Débarque chez elle un photographe qui doit la prendre en photo pour un journal, faire un reportage sur elle. Ils deviennent amants...
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Infos et séances : La Grande Bellezza, de Paolo SorrentinoRome dans la splendeur de l’été. Jep Gambardella – un bel homme au charme irrésistible malgré les premiers signes de la vieillesse – jouit des mondanités de la ville. Il est de toutes les soirées et de toutes les fêtes, son esprit fait merveille et sa compagnie recherchée. Journaliste à succès, séducteur impénitent, il a écrit dans sa jeunesse un roman qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain frustré. Revenu de tout, Jep rêve parfois de se remettre à écrire...
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Infos et séances : La Journée de la jupe, de Jean-Paul LilienfeldSonia est professeur de français dans un collège « difficile ». Le jour où elle découvre un revolver dans le sac d'un de ses élèves, elle s'en empare. Son dérapage la propulse, malgré elle, dans une véritable prise d'otages...
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Infos et séances : La promesse, de Luc et Jean-Pierre DardenneIgor, 15 ans, apprenti, vit dans le mal en toute innocence. Il est dans l'instinct, il agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes. Il a été éduqué au Mal. Mais il tient sa promesse, et va même au-delà.
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Infos et séances : La raison du plus faible, de Lucas BelvauxQuelle drôle d'époque ! Hier encore, on a fermé une usine, jetant sur la route des milliers de personnes. Pas assez rentable. Alors on ferme, on fusionne, on délocalise. Alors qu'en face on construit une prison. Faudrait-il effrayer les chômeurs ? Faudra-t-il que les exclus enferment leurs désirs sous peine d'être enfermés eux-mêmes ? Que sommes-nous en train de faire ? Avons-nous perdu la raison ?..
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Infos et séances : La Salle des profs, de İlker ÇatakAlors qu'une série de vols a lieu en salle des profs, Carla Nowak mène l'enquête dans le collège où elle enseigne. Très vite, tout l'établissement est ébranlé par ses découvertes.
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Infos et séances : La terre abandonnée, de Vimukthi JayasundaraSur une terre entre guerre et paix, dans une atmosphère étrange et incertaine, des corps s'attirent, la culpabilité ronge les assassins, des soldats s'abrutissent en manoeuvres ineptes, les légendes ressurgissent. Seule l'enfance est innocence en cette terre abandonnée des Dieux...
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Infos et séances : La vie ne me fait pas peur, de Noémie LvovskyIl y a quatre amies : Emilie, Stella, Inès et Marion. Elles forment un groupe homogène et autonome. Elles vont ensemble au collège. Elles sont énergiques, parfois violentes. C'est ensemble qu'elles apprennent la vie. Elles font front pour aborder une réalité, qui le plus souvent les agresse, en s'inventant des rituels.
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Infos et séances : La zona, propriété privée, de Rodrigo PlaMexico. Trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s'introduisent dans l'une des maisons, mais le cambriolage tourne mal. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes...
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Infos et séances : Là-bas, de Chantal AkermanInstallée derrière les stores dans un appartement de Tel-Aviv, Chantal Akerman filme le voisinage par sa fenêtre, laissant le spectateur complètement libre d'interpréter ses images. Un film à la fois dans le monde et coupé du monde, où apparaît en pointillé le passé d'une famille juive et l'illusion d'une appartenance à un Israël imaginaire...
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Infos et séances : Le cauchemar de Darwin, de Hubert SauperDans les années 60, dans le lac Victoria en Tanzanie, l'introduction à titre d'expérience scientifique de la Perche du Nil, un prédateur vorace, a engendré la disparition de toutes les espèces de poissons indigènes, mais surtout, sa commercialisation vers l'ex-Union Soviétique a ouvert la voie à un tout autre commerce : celui des armes...
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Infos et séances : Le cri de la soie, d’Yvon MarcianoL'histoire d'une passion entre une femme fascinée par la soie et le psychiatre qui la suit.
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Infos et séances : Le Disciple, de Kirill SerebrennikovVeniamin, un adolescent pris d’une crise mystique, bouleverse sa mère, ses camarades et son lycée tout entier, par ses questions.... Les adultes sont vite dépassés par les certitudes d’un jeune homme qui ne jure que par les Écritures...
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Infos et séances : Le filmeur, d’Alain CavalierLe journal intime filmé du réalisateur Alain Cavalier. Les premiers plans du film ont été tournés en 1994. Les dernières images datent de 2005...
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Infos et séances : Le pain quotidien, de Julia Murat
Le film se termine, la lumière revient et devant moi il ne reste que peu de monde pour la conversation. Ceux qui sont partis pendant le déroulement du générique l’ont fait en douceur, avec la précaution de ne déranger personne et de ne point porter atteinte à l’émotion épandue dans la salle. Je me demande si ce film ne leur a pas donné la grâce de bouger en silence. C’est vrai, ce film qui m’a proposé d’écouter et de voir autrement, dans la moindre épaisseur sonore et au cœur de basses lumières, ne comporte pas beaucoup de paroles, mais il est riche de beaucoup de choses. Je crois que je l’ai aimé, parce qu’il est le lieu où le très peu devient beaucoup, alors que souvent, il y a beaucoup de choses en apparence et très peu en réalité. En réalité il s’agit d’un arrière pays où les habitants auraient réussi à geler le temps, le temps que la femme vienne, car la femme c’est le signe. En attendant, le cimetière est fermée, la liste des morts sur les murs de l’église s’arrête à 1976, car ici on ne meurt plus, qu’on se le dise : on résiste. C’est tout simplement un film de vie, animé par un groupe de résistants soucieux des gestes du quotidien, nécessaires pour vivre ensemble. Alors, dans ce village d’un autre lieu, chaque geste pèse l’histoire de l’homme et chacun le reproduit avec la conscience de sa nature sacrée. Oui, ces hommes et ces femmes ne veulent pas disparaître ; ils ne veulent pas que leur modèle d’être passe de vie à trépas ; ils sont dans l’attente d’une jeunesse pour prendre le relais ; d’une jeunesse pour lever le monde et pour ouvrir à nouveau le cimetière, car si le cimetière s’ouvre c’est que la vie reprend puisqu’on peut mourir. Ce sera la promesse du retour de pratiques qui s’emboîtent vraiment pour donner un sens à leur vie. C’est une jeune fille qui gagnera la confiance de la population ; elle sera le levain d’une reprise, d’une autre fermentation. Ainsi, dans cet arrière pays du Brésil, un village est suspendu dans le temps. Il n’y a pas de confusion des temps, il y a tout simplement une manière d’attendre que les temps s’enchassent, une façon de vivre les choses au ralenti pour que les promesses d’un prolongement surgissent. Et puis, le choix d’insister sur la répétition de la gestuelle ordinaire est une mise au ralenti qui révèle l’importance des gestes et des rôles. C’est la manifestation d’un rituel vital, une forme de résistance et de maintien qui passe par ces fameux gestes ordinaires dont les origines nous échappent mais qui dégagent un parfum de modèle sacré, fruit de l’aventure des hommes, de leur capacité à découvrir, à inventer, à construire et à se nourrir. L’arrachement est au comble, car l’homme et la femme, toujours, dans les conditions les plus extrêmes sont capables d’espoir et d’exploit ; ils ne lâchent jamais rien. Madalena, la boulangère, n’aime pas le pain, elle préfère le manioc, mais elle fait le pain, car c’est son rôle dans la communauté, c’est sa place dans le continuum vivant du village. Au bout de la nuit, elle se lève, comme un levain de vie, et dans la pénombre d’une maison sans électricité, elle allume sa lampe à pétrole pour fendre la distance qui la sépare du pétrin. Elle est la femme lumière qui sculpte dans le noir les contours de son atelier ; elle est la femme lumière qui pétrit la pâte et fait lever le pain. Ces gestes jaillissent d’une habitude sacré : c’est un sfumato en mouvement qui nous parle des temps anciens où l’invention s’est accumulée en tradition fertile dont il est nécessaire de ne pas perdre le fil, sans risque de perdre l’Homme. Cette sortie de l’ombre est aussi une leçon en cinéma où l’image est considérée comme le fruit d’un conflit, un entre-deux. Chaque matin, la boulangère emprunte la voie désaffectée du chemin de fer, en chantant, car ses petits pains chauds rangés dans le panier, ont le parfum du travail accompli, de la vie qui continue, alors que le train, lui, ne passe plus. C’est bien un petit coin oublié du turbocapitalisme qui rappelle l’actualité brûlante de luttes pour protéger les petites lignes menacées de fermeture dans les régions françaises, de Midi-Pyrénées en particulier, un oubli, un abandon qui n’empêche pas notre boulangère de chanter, car elle sait que tout travail et toute prolongation de la vie est un hommage rendu aux morts qui nous ont permis de venir jusqu’ici. Oui, tout geste qui perpétue est un geste hérité, amplifié, amélioré, parfois, mais toujours venu de la merveilleuses aventure humaine dont il ne faut jamais ignorer les souffrances, les sacrifices, les avancées. Au fond, elle fait du pain pour appartenir à cette lignée et surtout en être digne. Car, ne l’oublions pas, le pain quotidien est une nécessité vitale satisfaite par les gestes du passé et leurs mutations, incorporés par une chaîne d’hommes et de femmes auxquels le film tente de rendre hommage. La boulangère le sait qui déclare que tout ça c’est le fruit du passé. Alors, dans le film, si tout est répétition, ça n’est jamais sous le même angle, car le geste est pratiquement insaisissable dans sa globalité et, pour éviter la singularité des cadres qui est une réduction de la découverte, tout ce petit monde est saisi par la variation souple des angles, des emplacements. Le pain unit, il est le chaînon indispensable, universel au point où il ne serait pas inconvenant de dire que tout ce qui unit, ici et ailleurs, est du pain béni. En conscience ou pas, les gestes de la boulangère rejoignent l’immémoriale nuit peuplée de morts qui peuvent se reconnaître dans cette pérennité. Elle écrit même à son mari, mort avant la fermeture du cimetière, pour lui parler d’amour, dans un désir d’incorporation pour qu’il vive toujours en elle. Ainsi, en lui écrivant, elle lui parle tout en se parlant afin de se donner l’élan nécessaire pour tenir jusqu’au moment du renouveau auquel tend, dans la répétition et l’inquiétude, toute la communauté. Et ça marche, puisque tel un conte où tout un village endormi serait réveillé par une princesse charmante, une fille en errance, comme un ange tombé du ciel, débarque. Elle incarne une jeunesse qui cherche et se cherche et qui, fortuitement, croise l’autre génération en attente de la relève, des gens qui ne se sentent pas encore assez malheureux pour mourir. Elle s’appelle Rita et ses vêtements, ses manières, sa pratique de la photo, son baladeur, son goût pour les musiques internationales sont les signes que le ciel c’est le monde actuel, et que son arrivée, fuite, quête ou quelques chose d’approchant, peu importe, fait frissonner tout un petit peuple, car c’est la possibilité de voir la modernité s’accoupler à la tradition, la prolonger tout en l’enrichissant ; une nouvelle strate de vie peut-être. Rita perturbe et les répétitions bégaient. Les dialogues changent, nourris par l’interrogation que suscite l’irruption de Rita, les regards s’allument et Madalena se métamorphose. Jusque là, elle vivait chaque matin dans la ritualisation d’une scène de ménage avec Antonio, le patron du café, à qui elle livre ses petits pains que chacun des deux souhaite ranger contre l’avis de l’autre, dans un conflit nourricier, au son du café qui coule et de son parfum ; ils vivent aussi sur un banc, devant le bistrot, dans l’attente de la pluie. Désormais, les propos de Madalena trahissent la répétition et son corps se déplie autrement ; elle n’attend plus ; elle brise la routine pour s’étirer comme un papillon sorti de sa chrysalide. Rita la photographie et Madalena, nue, se détend et s’offre avec une confiance fertile au regard d’une jeunesse qui perçoit autrement, à la manière de son mari qui la voyait toujours comme le jour de leur mariage. Loin du cliché du regard convenu des autres, Rita fixe la photogénie de ce corps pour témoigner d’une puissance dont la vieillesse n’est pas démunie, pour parler d’un désir latent que la vieillesse n’a que l’envie de construire. C’est le défilé de peintures mouvantes au croisement de la photo, du visage et du miroir, qui joue avec la pénombre, qui illumine le lieu, ordonnancé par un regard nouveau qui montre ce que c’est que savoir regarder et savoir écouter. Certes, la communauté résiste, il est même question des vices de la femme, mais la jeune fille écoute, ne juge pas, sourit et pose des questions, avec la sagesse et l’autorité calme de celle qui ne cherche qu’à comprendre. Alors, avec sa sincérité et son regard à hauteur d’homme, elle reste elle-même, tout en devenant les autres et l’intégration sera douceur. Dans cet arrière pays, personne n’a peur la nuit et Rita découvre avec son compagnon du soir, tout en buvant la cachacas, le plaisir de parler au cœur de la moindre épaisseur sonore d’une nature rassurante, bienveillante, mais mystérieuse. C’est le moment sublime d’un effet acousmatique où le compagnon éteint la lanterne pour que dans le noir l’acuité auditive s’élève, et les sons s’élèvent ; des sons d’insectes, de bruissements d’ailes et d’autres sources subtiles et incertaines auxquelles se joignent parfois les vibrations de la salle de cinéma, ce qui renforce l’impression d’une manifestation irréductible du vécu. C’est le triomphe de l’image audiovisuelle et l’invitation à tendre l’oreille pour écouter les sons qui nous entourent afin d’ausculter autrement la palpitation du monde. La musique répétitive du bal de la nuit invite au vertige entre répétition et transgression, dans un entre-deux où la princesse Rita va embrasser le pain et embraser le village. Il ne s’agit pas de la description d’un miracle, mais tout simplement d’un film où la volonté des hommes et des femmes perpétue la vie par l’alliance de la tradition avec la modernité, au delà de la simple apparence du monde, proche de l’étrange et du fantastique, dans un réalisme intégral où plein de choses viennent déranger ma connaissance. La progression du film est lente, les répétitions foisonnent, qui dévoile un lieu, révèle des personnes, esquisse un héritage. Alors, Madalena peut mourir, puisque Rita qui n’ignore plus rien du rite sait le pain, sait son importance et le piège se referme. Rita a beau dire qu’elle ne peut plus rester là à faire semblant d’être de ce lieu, elle ne pourra pas résister à la volonté d’une population. La dernière scène vient comme un lever du jour où les survivants lumineux sont sur le seuil de la maison d’où sort la jeune fille qui s’en va, mais que la mobilisation retient, que la vie retient. Lorsque la boulangère lui demanda Mais tu es d’où ? une réponse hugolienne me vint en tête on est du pays qu’on habite, prolongée immédiatement par une empreinte de Serge Daney, on est du film que l’on aime. Or j’aime ce film qui n’a cessé de m’émerveiller tout en rappelant que personne n’échappe à son époque, témoin ou acteur, et que, par conséquent, chaque génération doit prendre conscience qu’elle a aussi son mot à dire dans le continuum des choses au Brésil ou ailleurs. Guy Chapouillié
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Infos et séances : Level Five, de Chris MarkerLaura termine l'écriture d'un jeu vidéo consacré à la bataille d'Okinawa (île du Japon où les civils à l'annonce de la défaite se sont jetés par milliers du haut des falaises). En rencontrant par l'intermédiaire d'un mystérieux réseau parallèle à Internet des informateurs et même des témoins de la bataille, dont Nagisa Oshima, Laura accumule les pièces de la tragédie, jusqu'au moment où elles commencent à interférer avec sa propre vie....
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Infos et séances : Louloute, de Hubert VielAnnées 80, Normandie. Entre les vaches, le Club Do' et les gros pulls en laine, Louloute rêve, tombe amoureuse et se dispute avec ses proches. Alors que la ferme familiale s'endette, sa vie va changer à jamais.
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Infos et séances : Marius et Jeannette, de Robert GuédiguianLe Monde... Marseille... Quartiers Nord... L'Estaque. Marius et Jeannette sont au milieu de leur vie. Marius vit seul dans une immense cimenterie désaffectée qui domine le quartier. Il est gardien de cette usine en démolition. Jeannette élève, seule, ses deux enfants avec un maigre salaire de caissière. Elle habite une minuscule maison. Ses voisins de cour, Caroline et Justin, Monique et Dédé, l'encouragent avec force éclats de rire et coups de gueule. La rencontre de Marius et Jeannette ne sera pas simple car, outre les difficultés inhérentes à leur situation sociale, ils sont blessés par la vie.
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Infos et séances : Melancholia, de Lars von TrierÀ l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...
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Infos et séances : My name is Joe, de Ken LoachAprès des années d'alcoolisme, Joe est parvenu à cesser de boire. Au chômage et débordant d'énergie, il consacre une grande partie de son temps à la plus mauvaise équipe de football de Glasgow. Sarah est assistante sociale et vit pour son travail. Après une rencontre un peu orageuse, ils tombent amoureux l'un de l'autre.
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Infos et séances : Night and day, de Hong SangsooSung-nam, un jeune peintre coréen, doit, pour échapper à une arrestation fuir son pays. Il s’envole pour Paris et trouve refuge dans une pension du 14e arrondissement appartenant à un coréen. D’abord un peu perdu dans ce pays qui lui est inconnu, et souffrant de l’absence de sa femme, il s’acclimate progressivement à la vie occidentale et fait la connaissance de deux jeunes Coréennes : Hyun-ju et Yu-jeong. Au fil de l’été, il tombe de plus en plus amoureux de Yu-jeong et de Paris...
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Infos et séances : Nous, les vivants, de Roy AnderssonNous, les vivants parle de l'Homme, de sa grandeur et sa misère, sa joie et sa tristesse, sa confiance en soi et son anxiété. Un Homme dont nous voulons rire et pleurer à la fois. C'est tout simplement une comédie tragique ou une tragédie comique à notre sujet...
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Infos et séances : Oslo, 31 août, de Joachim TrierC’est le dernier jour de l’été et Anders, en fin de cure de désintoxication, se rend en ville le temps d’une journée pour un entretien d’embauche. L’occasion d’un bilan sur les opportunités manquées, les rêves de jeunesse envolés, et, peut-être, l’espoir d’un nouveau départ…
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Infos et séances : Ouvriers, paysans, de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub
Un groupe d'hommes et de femmes de tout âge rassemblés au hasard de leurs pérégrinations, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand l'Italie retrouve son unité nationale et territoriale. Ils constituent une communauté qui tente d'effacer non seulement la douleur issue de la guerre mais le malheur du monde, la faim, et de se protéger de la violence, de la misère, de la peur.
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Infos et séances : Paradise now, de Hany Abu-AssadDeux amis d'enfance palestiniens, Saïd et Khaled, sont désignés pour commettre un attentat suicide à Tel-Aviv. Ils passent une dernière soirée avec leurs familles, sans toutefois pouvoir leur dire adieu. Le lendemain, ils sont conduits à la frontière, munis de leurs ceintures d'explosifs. Mais l'opération ne se déroule pas comme prévu...
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Infos et séances : Pas vu, pas pris, de Pierre CarlesÀ partir d'une image «volée», pourquoi et comment les journalistes ne peuvent vraiment parler ni d'eux-mêmes, ni de leur relation aux hommes politiques. Une enquête au vitriol dans les coulisses de la télévision.
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Infos et séances : Rêves d'or, de Diego Quemada-DiezOriginaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux. Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité…
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Infos et séances : Road to Nowhere, de Monte HellmanUn jeune réalisateur sombre dans une affaire criminelle pendant le tournage de son nouveau film...
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Infos et séances : Serbis, de Brillante MendozaAu coeur d'Angeles, aux Philippines, la famille Pineda a élu domicile dans un vieux cinéma qu'elle exploite et qui projette des films érotiques des années 70. Alors que les personnages vaquent à leurs occupations quotidiennes, on découvre leurs penchants, les difficultés auxquelles ils se heurtent, qu'elles soient d'ordre relationnel, économique ou sexuel. En prise avec leurs démons intérieurs, les membres de cette famille ferment les yeux sur le business qui fleurit au sein du cinéma : celui de la prostitution...
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Infos et séances : Shotgun stories, de Jeff NicholsDans une petite ville du sud de l'Arkansas, trois frères âgés d'une vingtaine d'années n'ont plus aucun contact avec leur père depuis qu'il les a abandonnés. Il s'est remarié et a eu d'autres enfants. Quand il meurt, les conflits étouffés depuis des années éclatent entre les demi-frères, déclenchant une spirale de violence mortelle...
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Infos et séances : Sieranevada, de Cristi PuiuQuelque part à Bucarest, trois jours après l’attentat contre Charlie Hebdo et quarante jours après la mort de son père, Lary, 40 ans, va passer son samedi au sein de la famille réunie à l’occasion de la commémoration du défunt. L’évènement, pourtant, ne se déroule pas comme prévu...
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Infos et séances : Snow Therapy, de Ruben ÖstlundUne famille suédoise passe ensemble quelques précieux jours de vacances dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises. Lors d’un déjeuner dans un restaurant de montagne, une avalanche vient tout bouleverser. Ebba, la mère, appelle son mari Tomas à l’aide tout en essayant de protéger leurs enfants, alors que Tomas, lui, a pris la fuite ne pensant qu’à sauver sa peau... Mais le désastre annoncé ne se produit pas, l’avalanche s’est arrêtée juste avant le restaurant, et la réalité reprend son cours au milieu des rires nerveux. Il n’y a aucun dommage visible, et pourtant, l’univers familial est ébranlé...
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Infos et séances : Somewhere, de Sofia CoppolaJohnny Marco, auteur à la réputation sulfureuse vit à l'hôtel du Château Marmont à Los Angeles. Il va recevoir une visite inattendue : sa fille de 11 ans...
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Infos et séances : Sur quel pied danser, de Paul Calori, Kostia TestutAlors que Julie pense décrocher un CDI dans une fabrique d’escarpins de luxe, un plan social vient chambouler ses rêves de stabilité : doit-elle lutter aux côtés d’ouvrières frondeuses ou faire profil bas ? Quand Samy, un camionneur charmeur, vient prêter main forte, ce n’est déjà plus la même chanson...